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vendredi 05 février 2010 par redac

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Interview Justice

Réalisée par la programmation de Prun' - le 20 octobre 2006


Image de Interview Justice

 

 

Dans le cadre du festival Electroni-[k], devenu un des événements les plus attendus de la musique électronique dans l’ouest français, nous avons rencontré le duo Justice. Ils sont les auteurs du remix de Never be alone de Simian, diffusé en continu sur Prun’, ainsi que de l’énorme Water of Nazareth .

A quelques heures de leur prestation atomique et suite à un apéro bien arrosé, nous leurs avons posé quelques questions avec nos confrères de Radio Campus Rennes.

 

 

 

 

PRUN' : Pouvez vous vous présenter et nous parler de votre rencontre ?

Justice : Nous sommes Xavier de Rosnay et Gaspard Auge, nous nous sommes rencontrés en 2003 par des amis communs qui à l’époque avaient un petit label appelé Musclor. Ils avaient un projet de faire une compilation parodique de l’Eurovision. Ils ont demandé à tous leurs amis musiciens de réaliser un morceau de ce qui pourrait être la pop song parfaite. On venait juste de se rencontrer et on a décidé de commencer ensemble un morceau hommage aux Buggles, un morceau qui avec du recul n’était pas terrible. A l’époque on ne s’en était pas rendus compte, mais on s’était bien amusé à la faire. Il s’est quand même vendu à 70 exemplaires et est devenu aujourd’hui impossible à trouver…

 

PRUN' : Pouvez-vous nous raconter la petite histoire autour du remix de Simian, Never be alone ?

Justice : L’histoire du remix s’est déroulé juste après notre première collaboration. A l’époque, Radio Campus Paris avait organisé un concours de remix du morceau de Simian ouvert à tous. On en a donc bossé un qui n’a malheureusement pas été sélectionné parmi les lauréats. On a rencontré Pedro Winter au même moment, on lui a présenté le morceau et il l’a trouvé mortel. Si la rencontre n’avait pas eu lieu, le morceau n’aurait jamais vu le jour et serait resté sur notre ordinateur.

 

PRUN' : Comment avez-vous rencontré ce dernier (le manager de Daft Punk, ndlr) ?

Justice : On l’a rencontré lors d’une soirée raclette organisée par Gaspard. En fait Pedro n’a pas le droit de manger de fromage fondu chez lui parce que sa copine trouve que ça pue. Par le biais d’un ami commun, il a tenu absolument venir à cette soirée car il adore la raclette. En fin de soirée, on a écouté quelques disques dont notre remix de Never be alone. Il l’a adoré et nous a proposé de le sortir en maxi sur le label Ed Banger.

 

PRUN' : Vous êtes issue de ce que l’on appelle la french touch. Comment vous situez-vous par rapport à un groupe comme Daft Punk ?

Justice : Nous ne sommes pas issus de la french touch, on partage simplement le même manager que Daft Punk. On écoutait ces derniers à l’époque plutôt comme une musique pop car c’était devenu un truc énorme. On n’a pas écouté dès le début mais plutôt en même temps que tout le monde à l’époque de Stardust. Mais en réalité, ce n’est pas trop notre background musical.

 

PRUN' : Vous avez des structures très rock dans vos morceaux, comment construisez vous vos morceaux ?

Justice : Ca dépend des morceaux, on fait plein de trucs différents. Si on a envie de faire un morceau pop, disco ou techno hard, on peut le faire, ça dépend beaucoup de notre envie sur le moment. Le mélange de nos influences vient des musiques que l’on a écouté dans nos jeunesses respectives, on se rejoint surtout sur l’utilisation de structures couplet/refrain format 3 minutes, qui sont facilement assimilables et plus proche de la pop que de la music de club. On fait ce qu’on arrive à faire, on n’a pas cette science de la dance comme peut l’avoir Daft Punk.Pour la construction des morceaux, on utilise nos connaissances de musiciens : Gaspard est pianiste et batteur et moi [Xavier] je jouais de la basse et des claviers dans des groupes de disco au lycée. Sur nos disques il n’y a jamais de partie jouée intégralement aux instruments, mais on s’en sert pour composer nos titres. Ça peut dépendre aussi juste des morceaux qu’on écoute sur le moment.

 

PRUN' : Vous rencontrez un vif succès en ce moment, quel est votre état d’esprit ?

Justice : Ca dépend des pays dans lesquelles on joue et de ce que les gens écoutent. Par rapport à l’Europe, concernant les musique électroniques, nous avons constaté que les Etats-Unis avaient au moins 4 ans de retard. Lors de dates à Miami et à New York en mars dernier, où nous avons joué dans des clubs electro, les américains réagissaient plus à des sons qu’on écoutait il y a 4/5 ans. Ils sont en revanche à des années lumières au niveau Hip-hop et R&B, c’est le phénomène inverse. C’est presque un effet culturel, qu’illustre bien la comparaison Timbaland / Matt Pokora...

 

PRUN' : Vous avez enregistré un maxi, des remixes, où en êtes-vous au niveau de votre premier long format ?

Justice : On est en train de bosser dessus, presque de le finir… Un disque n’est jamais vraiment fini tant que l’on ne décide pas que c’est fini. Il ne nous manque pas grand chose pour qu’il soit, selon nous, complet. Il le sera certainement pour dans 3/4 mois.

 

PRUN' :Vous pouvez nous en dire plus ?

Justice : En un mot : Disco. On a fait pas mal de trucs avec des clins d’œil rock avant, l’album sera lui plutôt orienté disco, pas celle «pouet pouet» mais une version hard.

 

PRUN' :Vous faites l’unanimité dans la plupart des milieux musicaux, comment l’expliquer ?

 

Justice :C’est cool car on ne s’en rend pas compte, mais j’ai quand même un contre exemple récent : on devait jouer à Amsterdam pour un DJ set de remplacement de Fat Boy Slim. On s’est vite rendus compte que nos disques faisaient fuir son public ! Je me suis donc concentré sur les cinquante personnes qui restaient pour leur faire découvrir des choses.

 

PRUN' :Et le live dans tout ça ?

Justice :Dès qu’on aura fini l’album, on commencera à bosser un live tous les deux. On ne sait pas encore trop comment on va faire, ce sera certainement une formule marrante autant pour nous que pour les gens. Surtout pour faire danser les gens, pas un live rave mais plutôt techno. A notre niveau, on ne peut prétendre qu’à amuser les gens et à les faire danser. Nous ne pensons pas à former un groupe de rock, on se voit pas dérouler un live laptop durant une tournée de 50 dates.

 

PRUN' :Vous faites des tournées en DJ Set, quel est votre secret pour faire bouger les gens ?

Justice : C’est 40% de turbines, morceaux avec des sirènes et des sons avec des «fouvvvv», 40 % de morceaux d’amis (de notre label) et il reste 20 % de morceaux spécialement pour les filles. Car de toute façon quand les filles dansent, les mecs dansent pour allez danser avec elles. On écoute nous aussi de la musique de fille à la maison. Exemple « Be my baby » des Ronnets sur la B.O. de «Dirty Dancing», on finit certains sets avec ce morceau. On pourrait aussi parler de musique plus légère.

 

PRUN' : Votre premier maxi portait une iconographie très religieuse, pourquoi ?

Justice : On avait eu l’idée globale avant même d’avoir fait le morceau « Water of Nazareth », on s’était dit que le prochain maxi serait un mélange de musique de messe et d’electro. Ce sont toutes les deux des musiques de masse qui soulèvent les gens. Pour faire un objet complet, on a posé un peu le truc avec des orgues et on s’est affichés avec des capuches de moine derrière la pochette (pour info ce sont en fait des serviettes de bain mises sur nos têtes).On ne gardera certainement pas cette imagerie pour l’album, seulement le logo qui nous plaît bien.
C’est cette référence au heavy metal que nous aimons aussi. Ceci dit, le nom Justice ne fait pas référence au « And justice for all » de Metallica. L’image sur un disque change vraiment la perception du truc que tu achètes. Les gens achètent de la musique avec l’image d’un groupe, ce qui n’est pas vraiment présent dans la techno, en général à cause du manque d’argent. On a eu l’opportunité de proposer un truc et de pouvoir le réaliser, donc on y a été.

 

PRUN' : Vous jouez ce soir dans le cadre du festival Electroni-[k], connaissez-vous certains groupes et DJ qui s’y produisent ?

Justice : On connaît Yuksek, on l’a déjà vu en live, c’est énorme ! On aime également DatA mais pour le reste, on ne connaît pas trop…

 

PRUN' :La soirée de ce soir est plus orientée clubbing et la deuxième plutôt découvertes, comment vous vous situez par rapport à ça ?

Justice : On a un peu l’impression qu’on est plutôt le plateau découvertes, à part pour certains !

 

PRUN' : La soirée est complète depuis un mois, beaucoup de gens se déplacent uniquement pour vous…

Justice : A vrai dire, on ne se rend pas trop compte de l’impact que l’on a en province, la dernière fois qu’on était venu à Rennes c’était dans le cadre des Bars en Trans en 2004. Un plateau Ed Banger était proposé. La soirée avait été assez affreuse, le propriétaire du bar nous demandait constamment de baisser le son. On va se rattraper cette année avec la soirée du samedi des Transmusicales au côté de MSTRKRFT.

 

PRUN' : Dernière question, quel est votre plat favori ?

Justice : J’adore manger et préparer le pot-au-feu, avec comme secret de préparation l’ajout d’une queue de bœuf.

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