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vendredi 05 février 2010 par Jonathan

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Interview T Love

Réalisée par GSM - 25 Février 2009


Image de Interview T Love

 

Rencontre avec T Love (mc), Cédric (contrebasse) et Benoit (batterie, samples) avant le concert du 25 février 2009 au Pannonica dans le cadre du festival HIPOPSSESSION 5 .

 

Peux-tu te présenter aux auditeurs de PRUN’, en particulier pour ceux qui ne te connaissent pas ?

 

T Love : Je m’appelle  T LOVE, alias VIDABLEUE , je rappe, je chante. Je viens de Los Angeles, Californie, et maintenant j’habite en France. J’ai sorti le EP « return of the b girl » et l’album “long way back”, j’en ai eu de bons échos de la part du public français. Je viens de sortir un 3e projet « long way up », qui est le 2e album, où on retrouve d’anciens morceaux inédits, et quelques nouveaux morceaux dans un nouveau style pour moi, où j’alterne chant et rap, comme dans le projet VIDABLEUE.

 

As-tu définitivement fermé la page des morceaux purs hip hop ?

 

T Love : Chaque fois que je fais une chanson, il y a des éléments hip hop dedans. Mais peut être que les gens qui m’écoutaient avant ne reconnaitront pas mon style, même si selon moi c’est toujours hip hop ! Il y a le pur hip hop hardcore, mais pour moi il y a beaucoup de choses qui peuvent être mises sous l’étiquette « hip hop », par exemple, nous reprenons un morceau blues de Muddy Waters, où on retrouve des breaks, des boucles, et c’est hip hop ! Je n’ai pas arrêté le hip hop, c’est une évolution.

 

Dans ce nouveau projet, VIDABLEUE, tu joues avec des musiciens, pouvez vous nous en parler ?

 

Cédric : C’est un nouveau projet, mais on travaille ensemble depuis quelques temps, depuis l’album « Long way back » en 2003. A l’époque c’était pour accompagner la sortie de l’album, en tournée avec d’autres musiciens. Pour la sortie de « Long way up », on s’est dit que c’était l’occasion de repartir sur la route pour faire des concerts, et en profiter pour travailler le projet VIDABLEU, expérimenter, voir les réactions du public par exemple.

 

T Love : Le projet est lancé, et j’ai confiance, nous sommes en train de trouver notre voie, notre « direction artistique ». Lors des balances des concerts, nous trouvons des idées, et nous connaissons plus nos goûts musicaux ce qui permet d’avancer vers des choses qui nous plaisent à tous. Nous construisons ensemble, à partir de nos goûts musicaux différents, ils aiment le rock, comme Pantera ou Rage Against The Machine ! Et ils ont eu des groupes avant ce projet, en jazz, soul…Donc nous rassemblons toutes ces influences, expériences pour le projet, et nous créons une cohésion. Pour mes autres albums, je n’ai pas produit les morceaux, les instrus, je les ai choisies. Les gens me donnaient 50 morceaux, et j’en choisissais 3 par exemple (j’ai fait appel à des personnes comme Herbaliser, Jay Dee… ), mais c’était difficile d’avoir une cohésion sur l’album avec toutes ces personnalités différentes.

 

Tu as collaboré avec des musiciens et producteurs français, comme Jazz Liberatorz, as-tu ressenti des différences avec les producteurs anglais ou américains ?

 

T Love : Je ne sais pas, j’ai l’impression que c’est le côté jazz qui ressort plus en France, on dirait que tout le monde aime le jazz ! Quand j’ai habité à Londres, c’était sympa, mais plus orienté soul à la Motown ; en France c’est très jazz dans le son.

 

Il y a quelques années tu as démarré comme journaliste, comment as-tu fais la transition vers le mceeing ?

T Love : En fait j’ai commencé comme mc, pour le fun, mais au lycée je voulais être journaliste, j’ai pris des cours pour ça. Mes débuts dans le monde de la musique, c’était sur le label Capitol, j’ai signé un contrat. Mais quand j’ai commencé à comprendre le fonctionnement du business de la musique, j’ai réalisé qu’il fallait que je travaille en parallèle, du coup j’ai poursuivi dans le journalisme. Comme j’étais toujours mc, c’était très facile d’obtenir des interviews. Du coup j’ai pu suivre les Beatnuts en tournée par exemple, j’étais backstage ! Quand je disais que j’étais également mc, les rappeurs étaient plus ouverts et intéressés du coup, j’étais du même monde ! Ce qui m’a permis d’avoir des bonnes rencontres et interviews.

 

Y avait il une ambiance différente dans le monde du journalisme hip hop à l’époque, par rapport à aujourd’hui ?

 

T Love : Bien sûr ! Les années 90 c’était mieux que maintenant. C’était très facile pour découvrir quelqu’un. C’est compliqué aujourd’hui, tu ne peux pas venir à un gros magazine et dire « je connais un petit groupe, de l’Ohio, qui fait de la bonne musique », on te répond « il y a une maison de disque ? un manager ? » Maintenant, il faut tout ça, de la publicité, de l’argent. A l’époque, les gens comme Mos Def par exemple, Beatnuts, Del the funky homosapiens, le crew Hyeroglyphics, c’était facile de les mettre dans un magazine quand ils sont sortis. Aujourd’hui ce n’est plus possible avec les nouveaux groupes.

 

Qu’en as-tu ressorti de cette expérience ?

 

T Love : Que je ne voulais pas faire ma carrière aux Etats Unis ! Du coup j’ai habité à Londres pendant 3 ou 4 ans.

 

Quels sont tes meilleurs souvenirs d’interviews ?

 

T Love : Dr Octogone, les Beastie Boys, très bonne interview, Everlast, un type bien, Black eyed peas, et une super interview du groupe de funk WAR ! Aujourd’hui, j’aimerais continuer, mais le problème des interviews pour les magazines, c’est qu’ils demandent d’interviewer par exemple Missy Elliott ! J’aime bien sa musique, mais elle n’a pas besoin d’interview ! Ce ne serait pas très fun par rapport à quelqu’un d’underground, avec beaucoup de personnalité. J’ai arrêté les interviews parce que je ne suis pas une poupée que l’on envoie interviewer des gens connus qui vendent beaucoup de disques et gagnent beaucoup d’argent. Maintenant je veux continuer d’une manière différente, plus freestyle, je vais au concert avec mon enregistreur, et après je mets l’interview sur mon site internet. Je voudrais faire ça avec des gens du monde entier, des français, anglais, allemands, japonais, canadiens… Je suis toujours journaliste !

 

Interview réalisée lors du festival HIP OPsession 2009 par Bassline & Nutz (Gimme Some More Crew)

 

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